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Le sujet des autoroutes est particulièrement présent dans l’actualité, au vu des grèves de la faim/soif de ces dernières semaines et à la veille d’un weekend de mobilisation contre l’A69 entre Castres et Toulouse.

Voilà une bonne occasion de rappeler quelques éléments (détaillés dans l’article ci-dessous de décembre 2021 et toujours d’actualité…) autour de ces projets d’autoroutes et quelques réflexions plus larges.

Tout d’abord, ces projets ont des effets négatifs sur 3 des 5 leviers de décarbonation des transports de la stratégie nationale bas-carbone (SNBC)
👉 Demande de transport : l’augmentation des vitesses, les nouveaux déplacements ou encore les changements d’itinéraires liés à ces nouvelles infrastructures amènent à faire plus de kilomètres, ce qu’on appelle l’induction de trafic
👉 Report modal : ils encouragent surtout les modes de transport parmi les plus émetteurs, à savoir la voiture et les poids lourds
👉 Consommation des véhicules : les vitesses élevées entraînent des consommations d’énergie par km plus élevées que sur les routes actuellement utilisées

Bien sûr, ce ne sont pas les quelques ajustements proposés sur les sujets environnementaux (qui prêtent parfois à sourire, voir en commentaire) qui changeront le caractère anachronique de tels projets au regard du défi climatique.

Aussi, l’A69 est loin d’être l’unique projet du genre en France, car il existe encore
👉 Une dizaine de projets d'autoroutes
👉 Plus de 50 projets routiers contestés quand on ajoute les autres voies rapides ou contournements routiers
👉 Dans le même genre, il y a également une dizaine de projets d’extensions d’aéroports en France

Certes, on est désormais loin des décennies de fort développement des autoroutes, où le rythme de croisière était d’ajouter facilement 300 km d'autoroutes chaque année.

Ce sont malgré tout des kilomètres en trop...
👉 Un moratoire aurait déjà dû être mis en place sur ces projets (routiers et aéroportuaires) si l'on prenait nos objectifs climatiques au sérieux
👉 La réflexion autour des autoroutes devrait plutôt être de les passer au plus vite à 110 km/h (que donneraient d’ailleurs les prévisions de gain de temps en intégrant ce changement ?), de réfléchir à l’évolution de leurs usages et de leur avenir à l’heure des enjeux de sobriété et de décarbonation…
👉 Les montants financiers impliqués devraient être investis dans d’autres projets plus utiles, pour le ferroviaire, les infrastructures cyclables, le réaménagement de l’espace public, etc.

Si l'Etat a une responsabilité importante sur ce sujet, celle des élus (et autres acteurs) locaux est également majeure, avec souvent un double-discours sur l'importance des enjeux climatiques tout en ayant des actions à l'exact inverse de ce qu'il faudrait faire.

Ce n’est pas étonnant que l'on prenne du retard dans la décarbonation des transports, lorsque l’on soutient encore si fortement des projets qui ont des effets à la hausse sur les émissions du secteur.

🔍 Retrouver l'article "Autoroutes et climat : l’urgence d’un virage à 180°" sur le site Bon Pote :