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L’accélération des transports terrestres a démarré avec… le transport attelé à cheval ! 🐎

On a souvent en tête que l’accélération des transports terrestres est arrivée avec le transport ferroviaire
👉 Celui-ci a démarré en France en 1827 pour du transport de charbon entre St-Etienne et Andrézieux
👉 Avant de se développer pour les voyageurs, avec une 1ère ligne dédiée en 1837 entre Paris et Saint-Germain-en-Laye

Mais les mobilités avaient déjà été fortement accélérées dans les décennies précédentes par un transport attelé plus rapide sur longue distance.

Ainsi, pour Paris-Bordeaux, le trajet est passé en moins d’un siècle (voir figure ⬇️)
👉 De 14 jours en 1765, à une époque où il fallait compter 40-50 km/jour à la vitesse du pas du cheval ou de l’homme, proche des 2 km/h de moyenne
👉 A 1,5 jour en 1843 avec la malle-poste, le service le plus rapide, 16 km/h de moyenne

Ainsi, des gains de vitesse qui paraissent faibles en absolu de nos jours divisent le temps de trajet quasiment par 10 et font gagner 12,5 jours de trajet !
En comparaison, le prolongement de la LGV jusque Bordeaux en 2017 fait gagner environ 100 km/h de vitesse commerciale et réduit le temps d’à peine plus d’une heure…

La forte accélération du transport attelé peut surprendre car elle est réalisée à partir d’un même mode, déjà utilisé depuis bien longtemps pour les déplacements.

Elle est liée au moins à 3 facteurs :
👉 L’amélioration des infrastructures routières, avec des efforts pour pour évacuer la boue et sortir de l’embourbement, aligner les tracés, niveler les reliefs…
👉 L’amélioration des véhicules pour être plus légers et maniables, avec des suspensions, ainsi que la sélection des chevaux de trait les plus adaptés aux circulations rapides (la malle-poste utilise le galop) et/ou à la traction de charges lourdes
👉 Enfin, l’organisation des transports s’adapte, avec les relais de poste à chevaux tous les 10-15 km, des changements de monture rapides, des pauses progressivement raccourcies ou supprimées, y compris la nuit

Cette première accélération élargit l’horizon, aiguise l’intérêt pour la recherche de vitesse, et crée les conditions favorables au développement du chemin de fer et des transports motorisés.
Puis ce n’est que vers la fin du XIXème siècle que viendra le désir d’un transport individuel avec les voitures attelées particulières, la bicyclette et l’automobile, alors que l’avancée des progrès techniques aurait permis de développer ces modes plus tôt.

L’histoire montre ainsi que le développement et l’usage des modes ne dépend pas que des techniques disponibles, mais aussi des aspirations de la société
De quoi nous inspirer à un moment où l’on doit questionner cette quête de la vitesse et modérer l’usage de certains modes, même lorsqu’ils sont techniquement et économiquement accessibles…!?

🔍 Voici un des sujets abordés avec Aristide Athanassiadis dans le podcast Circular Metabolism, disponible ici :