
Comment rendre les véhicules électriques accessibles au plus grand nombre ?
C'est une question majeure actuellement, quand on croise les enjeux de décarbonation de l'économie, de prix des carburants, de pouvoir d'achat et de coût des matières premières en hausse.
Le graphique ci-dessous donne une piste assez simple et évidente pour répondre à cette question. ⬇️
👉 Il montre que pour les véhicules entre 1 et 2 tonnes, une baisse du poids de 100 kg permet de faire baisser de quasiment 3 000 € le prix d'achat des voitures électriques.
(graphique à partir des données ecoauto de 122 modèles vendus en Suisse)
Par chance, cette solution d'aller vers des véhicules plus légers apparaît comme plus vertueuse pour de nombreuses questions qu'on peut se poser sur l'électrification, que ce soit en termes de :
👉 Coût, à l'achat et à l'usage
👉 Bilan carbone, fortement dépendant de la taille du véhicule et de la batterie
👉 Consommation de ressources, production d'électricité
👉 Consommation d'espace
👉 Danger pour les autres usagers
👉 Emissions de particules hors échappement
👉 ...
Sauf que les constructeurs ont plus de marges sur les véhicules plus lourds, et ils continue(ro)nt donc à favoriser ce type de véhicule y compris pour les véhicules électriques, limitant à la fois leur diffusion au plus grand nombre ainsi que les bénéfices environnementaux qu'on pourrait en attendre.
Côté acheteurs, le marché est structuré pour plus de la moitié par les personnes morales, puis par des ménages aux revenus aisés (ceux qui ont les moyens d'acheter du neuf)... tandis que les ménages moins aisés s'approvisionnent essentiellement sur le marché de l'occasion, et subissent en quelque sorte les choix faits par d'autres, quelques années auparavant.
Résultat :
👉 Il se vend des voitures très largement surdimensionnées : véhicules de 5 places, d'1,3 tonne en moyenne (+ pour l'électrique), permettant d'aller à + de 170 km/h, cherchant à avoir des autonomies de plusieurs centaines de km...
👉 Alors que l'immense majorité des usages du quotidien sont avec une seule personne à bord (plus rarement 2 ou 3), pour quelques km ou dizaines de km, sur des routes à 80-90 km/h max (plus rarement jusqu'à 130 km/h).
Il y a donc un décalage fragrant entre les intérêts collectifs et ceux des constructeurs.
Dans un tel contexte, les pouvoirs publics doivent intervenir sur la réglementation et/ou la fiscalité pour faire en sorte que les constructeurs aient davantage intérêt à vendre des véhicules électriques légers plutôt que des SUVs ou autres tanks électriques.
Sûrement un chantier prioritaire pour un nouveau gouvernement qui se dit tant soucieux des enjeux climatiques et de pouvoir d'achat...
