
D'où nous vient la situation de dépendance à l’automobile dans laquelle nous sommes actuellement ?
En France, la mobilité est largement structurée par la voiture :
👉 Selon les sources, ce sont 80 % à 85 % des ménages qui possèdent une voiture, et 35 % qui en possèdent plusieurs
👉 La voiture représente 72 % des trajets domicile-travail, 9 conducteurs sur 10 étant seuls dans les voitures sur ces trajets
👉 Tous trajets confondus, la voiture représente quasiment les 2/3 des trajets, des temps de transport ou des kilomètres parcourus par les Français
La voiture s’est progressivement imposée comme le couteau-suisse de la mobilité, depuis le trajet court pour aller chercher le pain au départ en vacances en famille.
Cette prédominance s’est souvent transformée en dépendance, quand la voiture devient la seule solution de mobilité, une situation particulièrement présente hors des plus grandes villes.
Parmi les facteurs ayant contribué à cette dépendance automobile, on a :
👉 Les avantages intrinsèques de la voiture : rapidité, trajets porte-à-porte, flexibilité, confort...
👉 L'accès à une énergie abondante et peu chère, le pétrole
👉 La hausse du niveau de vie, permettant de diffuser l'automobile et rendre acceptables ses coûts
👉 Un réseau dense d'infrastructures de transport (des ruelles jusqu'aux autoroutes), du stationnement abondant et souvent gratuit
👉 Un aménagement du territoire par et pour la voiture : étalement urbain, hausse des distances, mitage (éparpillement)...
👉 Des modes de vie et des programmes d'activités structurés autour de la voiture
👉 Des soutiens publics importants, pour l'industrie automobile, par la fiscalité, les investissements en infrastructures, la faible régulation des externalités...
👉 Une marginalisation progressive des autres modes : dangerosité et distances trop longues pour la marche et le vélo, souvent trop de dispersion des flux pour des transports en commun efficaces...
👉 La diffusion d'une culture automobile, via la publicité, le cinéma, les médias, événements, etc.
De nombreuses politiques publiques ont contribué et contribuent encore à alimenter ce cercle vicieux de la dépendance à l'automobile.
Il faudrait pourtant rentrer dans un cercle vertueux inverse, au vu des conséquences environnementales (climat, consommations de ressources, d'espace...), sociales (coût financier, temps de transport, inégalités d'accès à la mobilité...) ou sanitaires (pollution de l'air, pollution sonore, accidentalité, inactivité physique...) liées à la voiture.
Il n'y a clairement pas de remède magique à une telle dépendance, et la voiture n'est pas près de disparaître.
Il faudra donc combiner de nombreuses alternatives pour sortir autant que possible de la dépendance à la voiture individuelle, mais aussi transformer les types de voitures et leurs usages...
A l'avenir, la voiture devra ainsi être : moins utilisée, électrique, plus partagée et plus sobre.
Un sacré défi collectif à engager / accélérer d'urgence !

🔍 La figure et une bonne partie du contenu de ce post proviennent de mon livre "VOITURES, Fake or not ?" :