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Pendant un temps, le (bio)gaz était vu comme une motorisation d'avenir pour la transition énergétique des transports.

Illustration ⬇️ avec les immatriculations de bus 🚌 en France, passées de
👉 1 % de GNV (gaz naturel véhicule) dans les ventes en 2014, à
👉 55 % de GNV en 2021

Car le gaz dans la mobilité a ou avait plusieurs atouts à défendre
👉 Comme pour le thermique au pétrole, il n’a de fortes contraintes de recharge
👉 Pour sa version fossile, son facteur d’émissions est moins élevé que le pétrole
👉 Surtout, l'utilisation de sa version renouvelable, essentiellement du biogaz produit à partir de la méthanisation de biomasse (effluents agricoles, cultures intermédiaires, biodéchets, etc.), permet un bilan carbone divisé par 4 à 6 environ, par rapport aux véhicules au pétrole !

Mais depuis 2021, la part du gaz est en baisse pour les bus, et cela devrait continuer.

Alors pourquoi un tel "revirement" ?
👉 Il y a bien sûr eu le début de la guerre en Ukraine en 2022, avec la hausse des prix du gaz, l’exigence de se séparer du gaz russe… nécessitant de réduire les consommations de gaz.

Mais il y a d’autres raisons qui étaient déjà perceptibles avant 2022
👉 De faibles rendements énergétiques des moteurs, un bilan carbone fortement dégradé en cas de fuite de gaz (méthane), des pollutions à l'échappement…
👉 Un mix de gaz largement carboné
👉 Et SURTOUT, un potentiel de biogaz insuffisant

Ce n’est pas vraiment qu’il n’y aurait pas assez de biomasse pour alimenter tous les bus ou même une forte part des transports en biogaz, mais
👉 Le fait qu'il y a déjà de fortes consommations de gaz dans le bâtiment et l'industrie, qu'il va falloir fortement réduire pour être alimentées par du biogaz à l'avenir
👉 Combiné au fait qu’il y a de forts enjeux et concurrences pour la biomasse : souveraineté alimentaire, concurrences d'usages (énergie, matériaux, etc.), enjeux de biodiversité, captage de CO2, impacts climatiques croissants sur la ressource…

Cela disqualifie donc grandement le (bio)gaz pour les transports en France, pays pourtant fortement doté en biomasse par habitant.
Mais c'est encore plus critique pour d'autres pays européens, où le gaz s'est beaucoup moins développé pour les bus qu'en France.

Ainsi, il vaut mieux privilégier l'électrique, plus efficace et déjà largement bas-carbone, pour les secteurs qui le peuvent
👉 C'est le cas pour les bus, assez faciles à électrifier, mais aussi pour les autres véhicules routiers
👉 En 2030, au vu des réglementations européennes et des progressions actuelles, on pourrait avoir + de 90 % d'électrique dans les ventes de bus en Europe !

Le passage par le gaz ne restera ainsi qu'une parenthèse courte et limitée dans les énergies des transports en France.

⚠️ Au passage, attention à l’expression "gaz naturel", qui donne le sentiment d’un produit écologique, alors qu’on pourrait tout autant parler de "pétrole naturel"… Pour éviter les confusions, il est préférable de parler de "gaz fossile".