Le trafic aérien en France en 2024 a-t-il retrouvé son niveau de 2019 (pré-Covid) ? ✈
La réponse courte est
👉 Oui, les trafics globaux ont été très similaires entre 2019 et 2024
👉 Mais des différences importantes apparaissent selon le type de trajets ou de destinations
Tout d’abord, au niveau global, les niveaux de trafics peuvent être mesurés selon 2 principaux indicateurs :
👉 Le nombre de passagers, qui a baissé de -0,9 % entre 2019 et 2024, passant de 179,6 à 177,9 millions de passagers au départ ou à destination de la France
👉 Les kilomètres parcourus par les passagers, qui ont augmenté de +0,2 %, passant de 420,5 à 421,3 milliards de passagers.kilomètres transportés (PKT)
Ces principaux chiffres de la DGAC incluent l’ensemble des trajets depuis ou vers la France.
Un autre périmètre fréquent (cf mon dernier post : https://lnkd.in/e3dfsGYU) est de n’intégrer que la moitié des transports internationaux, pour éviter les double-comptes avec d’autres pays.
👉 A ce moment-là, on serait passé de 238,1 à 237,4 Md PKT, soit -0,3 %.
Si on rapporte ce chiffre aux 68,5 M d’habitants en 2024 (Métropole + Outre-Mer)
✈️ Cela fait l’équivalent de 3460 km par personne en moyenne ou l’équivalent de quasiment 10 km/jour.
🚊 A comparer à 120 Md km en train en 2023, soit 1750 km/an ou quasiment 5 km/jour en moyenne
🚗 Ou environ 850 Md km en voiture, soit plus de 12 800 km/an par habitant ou 35 km/jour
➡️ Donc 2 fois plus de km pour l’avion que le train, mais 3,5 fois moins que la voiture
Selon les types de destinations, les tendances depuis le Covid diffèrent fortement.
Pour les trajets internes à la Métropole
👉 On observe une baisse importante de -25 % au global
👉 Dont -28,5 % pour les liaisons radiales (depuis/vers les aéroports parisiens)
👉 Mais aussi -19 % pour les liaisons transversales (qui ne passent pas par Paris) qui étaient en forte croissance avant le Covid
Le trafic entre la Métropole et l’Outre-mer est similaire à l’avant-Covid, avec +0,5 % sur 2019-2024.
Enfin, le trafic international est le segment en plus forte croissance, avec
👉 +3,5 % par rapport à 2019 au global, et des contrastes selon les continents
👉 +24 % pour l’Afrique, +3 % pour l’Amérique, +2 % pour l'Europe, -13 % pour l’Asie
Parmi les principales liaisons, nous avons donc des contrastes qui vont :
👉 D’environ -35 % pour Paris-Toulouse, Bordeaux-Lyon, pour la Chine ou le Japon
👉 A environ +35 % pour les liaisons avec le Maroc ou la Turquie
Ces évolutions illustrent un paradoxe dans la nécessaire sobriété du trafic aérien
👉 Il est plus facile (ou moins difficile) de réduire les déplacements aériens les plus courts, sur lesquels d’autres alternatives moins carbonées sont souvent présentes, une évolution qui a eu lieu sur ces 5 dernières années
👉 Mais les plus longs trajets étant les plus émetteurs, éviter un voyage à l’autre bout du monde aura bien plus d’impact que d’éviter un voyage à courte distance

