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Est-ce que la honte de prendre l'avion a un impact sur le trafic aérien et ses émissions ?

Quand on regarde comment les trafics aériens sont fortement repartis à la hausse suite au Covid, montrant que la demande est toujours là... on pourrait facilement répondre que non.

Quand on regarde un certain nombre d'enquêtes ou de sondages sur l'aérien :
👉 Les chiffres sont très contrastés entre les sondages et selon la tournure des questions, rendant difficile l'interprétation sur la possible auto-limitation de la population à prendre l'avion
👉 Mais de manière générale, le critère environnemental conditionne assez peu les choix en termes de mobilités
👉 Il n'y a pas forcément d'effet générationnel sur l'image ou l'usage de l'avion, où les plus jeunes seraient plus vertueux (au contraire, parfois)

Ces différents éléments peuvent facilement amener à la conclusion que l'évolution des pratiques de voyages et des comportements individuels ne permettra pas de modifier les trafics aériens.

Pourtant, le graphique ci-dessous, à partir des données du baromètre des "Représentations sociales du changement climatique" de l'ADEME, raconte une autre histoire intéressante à suivre...
👉 Ce n'est pas forcément le niveau en absolu qu'il faut regarder (car difficile à interpréter selon les sondages/enquêtes), mais plutôt l'évolution
👉 Parce que cette enquête pose (quasiment) la même question depuis 2018, et cela permet de voir l'évolution de la perception de l'action "Ne pas/plus prendre l'avion pour ses loisirs"

Et ici, on observe
👉 Une tendance très nette à la hausse de la proportion de personnes disant ne pas prendre l'avion pour ses loisirs... passée de 36 à 56 % en l'espace de 5 ans, au détriment des autres réponses moins favorables à ce type d'action
👉 Seule l'année 2022 marque une rupture dans la tendance, peut-être en raison de la reprise du trafic post-Covid (de nombreuses personnes reprenant l'avion)... ou bien de la légère modification de la question de "Ne PLUS prendre" à "Ne PAS prendre l'avion..."

Bien sûr, c'est du déclaratif, et on ne peut se contenter de cela, mais toujours est-il que la tendance est suffisamment nette pour être prise en compte.
De même, la teneur des débats publics sur l'impact climatique de l'aérien a largement changé ces dernières années.

S'il y a de nombreuses hypothèses possibles sur les facteurs les plus déterminants sur la modération des trafics aériens à l'avenir...
👉 Surtout les crises jusqu'à maintenant, auxquelles ajouter le coût des carburants, les problèmes de ressources (cf post récent en commentaire), ou les régulations politiques...
👉 ... l'hypothèse de l'évolution des perceptions sur le transport aérien, ainsi que les changements de pratiques de voyages qu'elle entraînerait, n'est en tous cas pas à écarter !