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Connaissez-vous la motonormativité ?

Ce sont les biais culturels et inconscients qui façonnent notre vision des impacts de la voiture, selon les hypothèses que l’on a sur la place de la voiture dans la mobilité actuelle et future.

Cette notion de motonormativité a été développée dans un article de psychologie de Walker et al (2023).
Les chercheurs y font l’hypothèse qu’à force de considérer la voiture comme incontournable, ses impacts sur la santé sont minimisés.
Pour tester l’hypothèse, ils ont soumis à plus de 2000 adultes au Royaume-Uni des affirmations liées à la voiture, et des équivalents avec un autre objet ou une autre activité.

Il apparaît parfois de fortes différences, et en particulier
👉 75 % sont d’accord avec “Les gens ne devraient pas fumer dans les zones densément peuplées où d’autres personnes respirent leurs fumées de cigarettes”
👉 Mais seulement 17 % sont d’accord avec “Les gens ne devraient pas conduire dans les zones densément peuplées où d’autres personnes respirent leurs gaz d’échappement”

Si les 2 phrases expriment une idée similaire, un double-standard moral s’applique entre
👉 La voiture, vue comme indispensable
👉 Ou les cigarettes, perçues comme non nécessaires, aux nuisances moins tolérées

Cela ne se limite pas à une préférence individuelle mais a des implications plus larges sur les politiques de mobilité, d’aménagement ou de santé.
Illustration avec la publicité :
👉 Pour les cigarettes, la pub est interdite depuis 1991 et les paquets assortis d’images et de messages particulièrement alarmants
👉 Au contraire, les publicités automobiles sont omniprésentes, montrent/exagèrent les bénéfices des voitures (seules sur des routes vides…), sans régulation forte ni de messages explicites sur leurs impacts sanitaires

Car ce dont on ne se rend pas bien compte justement, c’est que ces impacts sanitaires sont nombreux et forts (+ de détails dans l’article, et j’y reviendrai ici)
👉 La pollution de l’air
👉 La pollution sonore
👉 L’inactivité physique
👉 L’accidentalité routière
👉 La consommation d’espace, limitant la place de la végétation
👉 Ou le climat, qui impacte(ra) aussi notre santé

La bonne nouvelle dans tout ça, c’est que les leviers sont nombreux et alignés avec les préoccupations environnementales, de mobilités inclusives et de qualité de vie. Il s’agit de :
👉 Réduire la place de la voiture dans nos villes et nos vies
👉 Développer les mobilités actives
👉 Transformer les usages de l’espace public
👉 Réduire et contrôler les vitesses de circulation
👉 Encourager les transports collectifs et les mobilités partagées (covoiturage, autopartage)
👉 Développer des véhicules plus sobres et électriques

Agissons donc pour le climat, nous aurons des co-bénéfices (notamment) sur la santé.
Ou vu autrement, agissons pour notre santé, nous aurons des co-bénéfices (notamment) sur le climat.

🔍 Retrouver l’article complet co-écrit avec l’épidémiologiste Kévin Jean dans The Conversation ⬇️