A l’approche des municipales, la gratuité des transports en commun urbains va sûrement revenir dans les débats pour de nombreuses villes… 🚌 🚊
Qu’en penser ? Est-ce une politique efficace de transition ? 🤔
➡️ Pour éléments de contexte…
La Cour des comptes indique qu’en 2019, le coût moyen d’un déplacement en transport collectif urbain (TCU) est de 3,55 €, avec
👉 0,76 € soit 22 % (seulement) couverts par l’usager
👉 1,82 € soit 51 % par les employeurs, surtout via le Versement mobilité (1,64 € soit 46 %), qui est prélevé sur la masse salariale des entreprises de + de 10 salariés, puis par les aides à leurs salariés (0,18 € soit 5 %)
👉 0,97 € soit 27 % par les subventions publiques
Ces ratios concernent le total du financement des TCU (20 Md€), avec quasiment 14 Md€ / 70 % pour le fonctionnement et 6,3 Md€ d’investissements.
Sur les seuls coûts de fonctionnement, la part des usagers est de 41 % des financements
👉 Avec de forts contrastes selon les villes, de 0 % (gratuité) à 61 % (Lyon) comme l’indique la carte ⬇️, selon de la tarification adoptée et vu le moindre remplissage des TCU dans les petites villes
👉 La part des usagers a baissé ces dernières années, au vu des moindres tarifs appliqués, et de réseaux de plus en plus étendus en lien avec la périurbanisation
❌ Ainsi, de nombreux débats questionnent la pertinence de la gratuité…
👉 Ses effets sur l’usage du bus ou le report modal : s’il y a de nouveaux usagers, quelle part provient de la gratuité, ou de l’éventuel renforcement concomitant de l’offre ? quelles parts viennent de la voiture, de la marche, du vélo ?
👉 Le prix n’est que rarement la première raison de non usage des TCU (6 % seulement)…
👉 C’est bien plus souvent le manque d’offre, de fréquence, la qualité de service… la priorité pour augmenter l’usage devient alors d’augmenter l’offre
👉 Dans ce contexte, par rapport à une tarification solidaire, faut-il se priver des recettes des usagers qui ont les moyens de financer les TCU !?
Alors que la mesure est généralement bien perçue par la population et notamment les usagers, ne souffre-t-elle donc que de défauts ?
✅ Non, on peut citer côté avantages
👉 Le côté pratique pour les usagers
👉 Les tarifications sociales présentent un risque de non recours aux aides
👉 Des économies sur la gestion de la billettique
👉 Enfin, dans certaines petites villes, la contribution des usagers est tellement faible que la gratuité n’y est pas forcément très coûteuse
➡️ Conclusions
👉 La pertinence de la gratuité dépend du contexte local, en particulier de la taille des villes et de la part de financement qui vient des usagers
👉 Mais à un moment où la priorité doit être de financer un choc d’offre, et alors que les finances publiques sont particulièrement sous contraintes, ce n’est pas la priorité pour la plupart des réseaux
👉 La tarification doit viser un subtil équilibre entre augmentation du financement de l’offre et accessibilité du réseau, en particulier pour les plus vulnérables…

