Sélectionner Une Page

Parmi les nuisances des transports, le bruit fait partie des enjeux de transition peu pris en compte.

Pourtant, le bruit est un facteur majeur de gêne, perturbant la tranquillité et la qualité de vie
👉 Le bruit est ainsi classé 1er problème environnemental de proximité par les Français
👉 Ce sont aussi 65 % des Français qui se disent gênés par le bruit. Et 5 % qui ont de fortes perturbations de leur sommeil liées aux transports
👉 Au contraire, le bruit ressort beaucoup moins dans les préoccupations environnementales plus globales, très loin derrière le climat par exemple…

Vous me direz que c’est assez logique après tout, notamment parce que "le bruit, ça n’a jamais tué personne" !?
Eh bien si !
Le bruit a des impacts importants sur la santé, c’est pour cela qu’on parle aussi de "pollution sonore"
👉 Il y a les effets auditifs, tels que la fatigue voire la perte auditive, les acouphènes ou l’hyperacousie
👉 Et aussi et même surtout les effets extra-auditifs, tels que les troubles du sommeil, les maladies cardiovasculaires et troubles hormonaux (diabète, obésité...), ou encore des troubles de la santé mentale (anxiété, dépression)...

Selon l’OMS, la pollution sonore représente le 2ème facteur environnemental présentant le plus de dommages sanitaires, après la pollution de l’air.

Enfin, le bruit a aussi des impacts sur la biodiversité (avec des effets physiologiques, sur leur communication, leur comportement…), la dépréciation immobilière, ou les troubles de l’apprentissage.
👉 En France, le coût social du bruit est estimé à 147 Md€, quand celui de la pollution de l’air a été évalué autour des 100 Md€. Si ces chiffres sont à prendre avec précaution, cela montre néanmoins l’importance du sujet.

Parmi les sources de bruit
👉 L’étude de l’ADEME montrait que 55 % du coût social provenait des transports routiers, 8 % du ferroviaire et 4 % de l’aérien
👉 Les transports représentent donc 2/3 du coût social, devant les bruits de voisinage et liés au travail
👉 Et dans une enquête suite au confinement, le trafic routier représentait 49 % des sources de gêne, concentrées sur les 2 roues motorisés à 57%, devant les voitures (25%), klaxons (12%) et camions (6%)

Malgré tout cela, les politiques de modération du bruit sont bien faibles. 2 exemples
👉 La fin de vente des véhicules thermiques à 2035 concerne les voitures et camionnettes… mais rien n’est prévu sur les 2 roues motorisés !
👉 Le contrôle technique des 2 roues motorisés a été repoussé plusieurs fois, notamment à l’été 2021, le président évoquant que "ce n’était pas le moment d’embêter les Français"

Un comble quand on voit l’ampleur des nuisances sonores, et qu'un 2 roues traversant Paris de nuit avec un pot d’échappement non homologué peut réveiller 11 000 (!) personnes.
Cela pourrait valoir le coup d’oser embêter une personne pour ne pas en embêter 11 000 autres ?

Alors… la pollution sonore, un sujet qui mériterait de faire plus de bruit dans les débats sur la transition des transports !?