
Ces derniers mois, la transition des mobilités et plus globalement la transition écologique font face à une baisse d’attention dans les débats publics et les politiques publiques.
En témoignent les reculs et retards pris, par exemple dans l'élaboration de la stratégie nationale bas-carbone (SNBC).
Mais ce qui se joue dans les jours à venir avec les élections législatives est d’une autre ampleur.
Il s’agit non pas uniquement d’espérer une hausse de l’ambition de l’action publique pour le climat, mais également d’éviter des reculs majeurs en cas d’accession au pouvoir du RN ou même d’un rôle largement renforcé à l’Assemblée...
En effet, les 3 principales mesures sur les transports dans le programme du RN vont dans le mauvais sens :
👉 Renoncer à l’interdiction de la vente des voitures thermiques d'ici 2035
👉 Supprimer les Zones à Faibles Emissions
👉 Baisse de la TVA sur les carburants
Si la mise en œuvre de ces mesures n’est pas forcément évidente (ex : la fin 2035 se joue au niveau UE), cela montre bien que la politique du RN est à contresens de la transition écologique.
Ainsi les comparaisons des programmes environnementaux des 3 principaux blocs politiques montrent
👉 Pour le groupe présidentiel Ensemble, c’est la continuité avec l'actuel, dont les manquements sont régulièrement rappelés notamment par le HCC, avec pour les transports une ambition marquée sur la technologie mais très limitée sur la sobriété
👉 Pour le Front Populaire, l’ambition écologique est au cœur du projet, mêlant à la fois les leviers technologiques et de sobriété, bien qu’imparfait dans les mesures (ex : blocage du prix des carburants, focalisation surtout sur les transports en commun…)
👉 Pour le RN, une politique à rebours des objectifs, en contestant des éléments indispensables à l’atteinte de la neutralité carbone, aussi bien sur les leviers technologiques (électrification, renouvelables...) que sur ceux de sobriété des modes de vie
Mais ce ne sont pas seulement les mesures qui sont à regarder.
Même en se limitant aux aspects environnementaux, l’extrême droite au pouvoir compliquerait la transition sur de nombreux aspects plus larges :
👉 Toute l’attention des débats et des politiques serait (encore +) sur d’autres thèmes (immigration, sécurité…) et préoccupations
👉 Un risque majeur de dégradation de la qualité de l’information et du rôle des médias sur le sujet
👉 Une menace pour les moyens destinés à la recherche et aux agences publiques travaillant sur la transition
👉 Un retour en arrière sur certaines politiques industrielles, menaçant les emplois de la transition (gigafactories, etc.)
👉 Des valeurs à l’opposé de la coopération et de l’équité nécessaires pour la mise en œuvre de la transition…
Pour garder le cap de la transition, il sera indispensable de faire barrage au RN ce dimanche, mais aussi au 2ème tour, où les reports de voix auront un impact majeur sur la composition de l’Assemblée, et donc notamment sur les politiques de transition à venir…