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Les radars sur les routes, une politique climatique gagnante ?

Posée en ces termes, la question est un peu provocante…

Pourtant, c’est sûrement la conclusion la plus surprenante à laquelle je suis arrivé à la fin de ma thèse
👉 "La mise en place des radars est possiblement la mesure de politiques publiques qui a eu l’impact le plus important sur les émissions des transports par le passé"

Le contexte et le raisonnement
👉 A partir de 2003, les radars automatiques sont installés sur les routes de France
👉 Résultat : entre 2002 et 2005, la vitesse pratiquée (sans obstacle) en voiture baisse de 7 km/h sur les routes limitées à 130, à 110 et à 90 km/h, et de 5 km/h sur les routes à 50 km/h
👉 Ces baisses de vitesse entraînent des baisses de consommation, estimées à env. 1 MtCO2 dans la thèse (voire jusqu’à 3 Mt selon la méthode ; les voitures émettent env. 75 Mt à cette période)

Mais aussi…
👉 La vitesse moyenne de la voiture (et des mobilités) baisse sur cette période. Les 2 réactions possibles des usagers sont : passer plus de temps dans les transports pour faire autant de km ; faire moins de kilomètres pour préserver ses temps de transport
👉 Ce qu’indiquent les données et estimations, c’est qu’il y a eu les 2 : des temps de transport un peu allongés, mais aussi une baisse des trafics en voiture de 0,3 %/an entre 2002 et 2005, alors qu’ils augmentaient de 1,9 %/an depuis 1990
👉 Au final, on constate une baisse des émissions de CO2 des transports en France sur le début des années 2000, une première depuis des décennies.

Ce pic des émissions des transports intérieurs au tournant du millénaire n’a jamais été redépassé depuis et ne le sera probablement jamais !

D’autres effets ont pu jouer sur la période, en particulier :
👉 Le tassement progressif de la hausse de la motorisation des ménages
👉 La hausse des prix des carburants, qui arrive cependant un peu après les radars et le début des baisses de distances et d'émissions

S’il y a des incertitudes et divers effets pour cette baisse…
👉 L’impact des radars explique sûrement une bonne partie du pic des émissions des transports au début des années 2000 !
👉 Et c’est potentiellement la mesure politique la plus impactante, parce que les politiques environnementales ont eu peu d’effet jusqu’à maintenant (cf post en commentaire).

Quelles implications ?
👉 Bien sûr, la question de la régulation de la vitesse est un équilibre à trouver ou un arbitrage entre les intérêts de la vitesse (gagner du temps ou en accessibilité) et ses inconvénients...
👉 Ces inconvénients sont nombreux (insécurité routière, bruit, conso d'espace, rendre vulnérables des modes plus vertueux...) et justifient dans bon nombre de cas de réduire la vitesse comme un des (nombreux) éléments des politiques de transition des mobilités
👉 Ainsi, passer à 110 km/h sur les autoroutes, systématiser le 30 km/h en ville ou mieux contrôler les vitesses excessives seraient des étapes "faciles" pour aller vers des mobilités plus sobres…

🔍 Et pour plus de détails, le lien vers la thèse :