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Le transport de marchandises va être long et difficile à décarboner, au vu des limites des options technologiques ou du report modal.

Mais pour prendre le problème à la base, ne faut-il pas viser la limitation des flux ?

➡️ Pourquoi modérer la demande de transport ?
👉 Ce levier est structurant à court terme et le sera aussi d’ici 2050, étant donné que ces flux pourraient évoluer entre +80 % et quasiment -50 % selon les scénarios de prospectives
👉 Il existe des interactions fortes avec le report modal : si la demande totale diminue, de moindres hausses de trafics du ferroviaire / fluvial sont nécessaires pour atteindre une part modale donnée
👉 La réduction des besoins en énergie et en ressources faciliterait la décarbonation, confrontée à des contraintes de ressources disponibles en biomasse (biogaz, agrocarburants), électricité et/ou métaux (électrique, hydrogène)
👉 Cela limite le coût de la transition, en termes d’infrastructures de transport, d’achat de véhicules ou de coûts de production d’énergie
👉 Cela permet enfin la réduction de nombreuses externalités : congestion, usure des infrastructures, pollution de l’air, sonore, accidentalité, besoins en surfaces logistiques...

➡️ Quels moyens pour modérer la demande ?
La demande se mesure en tonnes.km. Il existe donc 3 moyens pour la baisser
👉 Réduire les tonnes à transporter
👉 Réduire les distances
👉 Réduire la longueur des chaînes logistiques

Exemples selon les types de marchandises
👉 Agriculture et alimentation : baisse du gaspillage (tonnes), alimentation plus locale (distances) et circuits-courts (moins d'intermédiaires)
👉 Matériaux de construction : baisse des volumes par la réduction des constructions neuves (évolution démographique, réhabilitation plutôt que neuf), avec des logements collectifs plutôt qu’individuels…
👉 Industrie, biens manufacturés : sobriété des consommations matérielles
👉 Energie : un tiers des tonnages des ports français sont des hydrocarbures (pétrole et gaz), amenés à baisser/disparaître
Ces effets sont différents sur les flux intérieurs et/ou internationaux, selon le type de marchandises.

➡️ A intégrer dans une vision plus large de la transition
L’évolution de la demande est à regarder de manière suffisamment large pour s’assurer de solliciter des évolutions vertueuses.
On peut citer 3 points d’attention :
👉 Il y aura des hausses de certains flux (de métaux, biomasse, pour l’économie circulaire…) en lien avec la transition
👉 La réindustrialisation en France permettra de limiter les flux internationaux, mais augmentera certains flux intérieurs
👉 Enfin, il faudra veiller à ne pas démassifier la logistique avec la réduction des distances et des volumes

Au final, le potentiel est très fort, mais très lié au reste de l’économie.
Beaucoup reste à faire pour renseigner le potentiel du levier… et mettre en œuvre les évolutions pertinentes !

🔍 Retrouver l'article complet "Limiter les flux de marchandises, levier tabou de la transition ?" sur le site Polytechnique Insights :