Selon les choix de mobilité future, les impacts ou bénéfices sur la santé de la transition des mobilités pourront grandement varier.
Une étude vient désormais mettre des chiffres sur les énormes bénéfices santé que l'on peut attendre de la pratique des mobilités actives (marche et vélo) en France d'ici 2050 !
Ce travail réalisé avec une équipe interdisciplinaire, s'est appuyé sur les 4 scénarios de prospectives Transition(s) 2050 de l'ADEME, qui projettent des futurs différents sur la pratique des mobilités actives :
👉 +15 % de marche et x 8,3 sur la pratique du vélo en km/personne, dans le scénario 1 "Génération frugale" entre 2015 et 2050
👉 +25 % de marche et x 11 sur le vélo dans S2 "Coopérations territoriales"
👉 +6 % de marche et x 4,4 sur le vélo dans S3 "Technologies vertes"
👉 -8 % de marche et x 1,9 sur le vélo dans S4 "Pari réparateur"
Ainsi le scénario 2 permet le plus fort développement des mobilités actives, qui passent de
👉 80 minutes (soit 1h20) d'activité modérée en moyenne par semaine en 2015
👉 à 150 minutes (2h30) en 2035
👉 à 180 minutes (3h) en 2050
Ces chiffres sont à comparer aux recommandations minimales de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) de 150 minutes hebdomadaires d'activité physique modérée.
Le scénario permet donc d'atteindre en moyenne ce seuil de 2h30 par semaine dès 2035 pour l'activité physique liée aux seules mobilités actives.
Les bénéfices pour la santé sont très importants ⬇️
👉 19 000 décès évités en 2035, et même 25 000 en 2050 (soit l'équivalent de 4 % de la mortalité de 2023), par rapport au scénario tendanciel
👉 Cela se traduit par des gains d'espérance de vie de 3 mois en moyenne sur la population française
Lorsque ces coûts pour la santé sont monétarisés, on obtient :
👉 60 Md € de coûts évités en 2050 dans ce scénario de fort développement des mobilités actives, par rapport au tendanciel
Dans une période de restrictions budgétaires, et notamment de coupes dans le plan vélo, voilà des ordres de grandeur qui doivent inviter à bien mesurer les effets de long terme d'un recul sur l'ambition dans les mobilités actives.
Non seulement, les mobilités actives sont bonnes pour le climat, le pouvoir d'achat, pour limiter les pollutions sonores et atmosphériques, les consommations de ressources et d'espace... et au cas où ça ne suffisait pas pour les soutenir, leurs bénéfices santé sont majeurs.
Espérons que ce message sera entendu dans les mois à venir...
Ce travail de recherche a été réalisé par/avec leo Moutet, Kévin Jean, Philippe Quirion et Laura Temime. Liens ci-dessous.

🔍 Retrouver l'article de vulgarisation dans The Conversation :
🔍 Retrouver l'article académique complet dans la revue Environmental Research Health :
