
Les normes CO2 à respecter par les constructeurs automobiles en Europe passionnent depuis la rentrée.
Entre mouvement de panique, lobbying et fausses informations… qu’en est-il réellement de ce feuilleton des derniers jours ?
Précisons d’abord que ce qui se joue est la principale réglementation climatique pour le secteur automobile.
Celle-ci oblige les constructeurs à réduire les émissions de CO2 moyennes des voitures vendues en Europe par paliers de 5 ans, avec comme objectifs par rapport à 2020 :
👉 -15% d’émissions en 2025
👉 -55% en 2030
👉 -100% en 2035, soit la fin de vente des voitures thermiques (au pétrole)
Ces derniers jours ont vu un fort regain de lobbying de certains constructeurs
👉 Les objectifs de 2025 seraient inatteignables, selon Renault ou l’ACEA (lobby européen des constructeurs auto)… qui ont le même patron !
👉 L’ACEA réclamait d’abord un report de 2 ans de l’objectif 2025, puis des aides supplémentaires
👉 Et évoque un risque pour eux de payer 15 Md € d’amendes pour non-respect de l’objectif
Pourtant, qu’en est-il vraiment ?
👉 Déjà, l’échéance de 2025 est connue depuis 6 ans, soit plus que le temps de développement d’une voiture, de quoi anticiper…
👉 Aussi, quasiment tous les constructeurs sont prêts pour 2025, que ça soit Peugeot, BMW, Citroën, Mercedes, Fiat, Opel, DS…
👉 En fait, seuls Renault et VW seraient en difficulté
Côté Renault
👉 L’arrêt de production de modèles électriques (Zoé, Twingo) en 2024 n’a pas été bien anticipé
👉 Le constructeur a remplacé quasiment toute sa gamme par des SUV essences ou hybrides (Captur, Symbioz, Arkana, Australe, Rafale)
👉 Cela ne l’aide pas, alors que le nouveau calcul de la norme donne des objectifs plus difficiles à atteindre pour les constructeurs dont la masse des voitures est plus élevée
👉 Pour Renault comme pour les autres, il a été privilégié de vendre des véhicules à fortes marges plutôt que des véhicules électriques plus sobres et accessibles
Pour Volkswagen, le groupe a admis être en retard suite à des problèmes de logiciels et une gamme de voitures électriques vieillissante.
Malgré tout, il y a fort à parier qu’aucun constructeur ne paiera d’amende
👉 Car il est possible de mutualiser son retard avec d’autres constructeurs en avance sur leurs objectifs
👉 Par l’achat de crédits moins chers que les amendes potentielles
On est donc loin des effets terribles parfois redoutés et relayés par de nombreux médias, où le VE-bashing depuis les élections européennes n’aide pas à l’atteinte de ces objectifs.
Pour accroitre d’environ 5% la part de l'électrique dans les ventes en 2025 comme les constructeurs s’y sont préparés, la norme doit ainsi être maintenue, et complétée par
👉 Un renforcement du bonus-malus et le maintien des aides pour 2025
👉 Des obligations de verdissement (électrification + sobriété) des flottes d’entreprises
👉 Une sécurisation des projets de gigafactories de batteries en Europe
Voilà des missions toutes trouvées pour le nouveau gouvernement !
