
Réduire la place de la voiture en ville : une politique soutenue ou rejetée ? 🚗
➡️ A l’approche des élections municipales, de nombreuses enquêtes d’opinion ont questionné l’éventuelle "acceptabilité" des politiques de réduction de la place de la voiture en ville…
Elles montrent que
👉 Environ la moitié de la population est favorable à une réduction de la place de la voiture en ville
👉 Le résultat dépend fortement de la formulation de la proposition, parler d’"interdiction" réduit le soutien, quand évoquer un bénéfice pour "la qualité de l’air" ou "les espaces verts" augmente fortement le soutien
👉 Aussi le soutien diminue vers les plus petites communes, mais est plus fort dans les grandes villes
👉 La part des répondants privilégiant toujours la voiture et/ou réfractaire à tout changement est de 10-20 % de la population
Plus précisément sur les propositions mobilité (cf enquête Roole dont est issue la figure ci-dessous)
✅ Il est largement reconnu que la baisse de l’usage de la voiture comporte des avantages et permet de réduire la pollution, le bruit, l’accidentalité, de favoriser d’autres modes, ou d’améliorer le cadre de vie…
✅ Aussi le développement des alternatives à la voiture (transports en commun, vélo…) ou certaines transformations de l’espace public (espaces verts, piétonnisation de rues ou places, rues aux écoles…), recueillent un fort soutien, souvent à + de 75 %
❌ Toucher à la voiture est en revanche bien moins soutenu, pour les travaux ou changements de pratiques que ça implique, via les réductions de la voirie (par ex. 42 % de soutien ci-dessous) ou des places de stationnement (seulement 25 %)
Ce qui est particulièrement intéressant ici, c’est que
👉 Les propositions soutenues à environ 80 %, à savoir réserver de l’espace pour les piétons, des pistes cyclables ou des voies de bus…
👉 … nécessitent de prendre de la place à la voiture, et ça en est même la condition de réalisation
Ainsi la finalité est largement souhaitée, mais la phase de transition plus redoutée !
➡️ Alors, que faire ?
Si l’on croise ces résultats avec les nombreux retours d’expérience, la littérature grise ou académique sur ces sujets, on peut retenir que 5 éléments favorisent le soutien aux politiques de transformation des espaces publics et de la mobilité, et en particulier de réduction de la place de la voiture
👉 Développer en même temps les alternatives 🚶 🚲 🚌 : cela facilite les changements de pratiques ET favorise le soutien de la population
👉 Les projets qui donnent des bénéfices visibles à court terme : pour se promener, pour les commerces, valoriser le patrimoine, pour la santé et la qualité de vie, etc.
👉 La juste répartition des efforts au sein de la population est une condition majeure de l’acceptabilité des changements (ex : ZFE, taxe carbone…)
👉 La concertation et une vraie participation au processus de décision permettent une meilleure appropriation par la population
👉 Enfin, le soutien évolue et augmente avec le temps, une fois la transformation réalisée… et il est rare qu’il y ait ensuite retour en arrière !
