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Il y a une semaine et en l’espace de 24 heures, Emmanuel Macron a pris deux fois la parole sur le sujet de la transition.

Une première fois le dimanche 24 septembre lors d’une interview aux JT de 20h de TF1 et France 2.
👉 Parmi les éléments marquants, une nouvelle remise sur les carburants était annoncée pour 2024 et la transition vers la voiture électrique prenait une large part de l’interview.
👉 Comme pour justifier ce soutien aux automobilistes ainsi que le changement de motorisation sans pour autant changer les usages de la voiture, le Président déclarait par ailleurs : "On est attachés à la bagnole, on aime la bagnole. Et moi je l'adore".

Un signal inquiétant à la veille d’une autre prise de parole attendue depuis de longues semaines pour présenter la stratégie française énergie-climat (SFEC).
👉 A écouter ce discours sans grandes nouvelles annonces, cela ressemblait davantage à une stratégie économique qu’à une stratégie environnementale.
👉 "L’écologie à la française" annoncée est ainsi une "écologie compétitive", "créatrice de valeur", "planifiée et financée", "souveraine", basée sur l’"innovation" et en lien fort avec les enjeux de réindustrialisation.

Les transports étaient majoritairement illustrés par la transition industrielle vers l'électrification, un levier technologique indispensable mais aussi insuffisant à l’atteinte des objectifs climatiques.
👉 Aussi la transition vers la voiture électrique ne répond pas à de nombreux autres impacts environnementaux, sociaux ou sanitaires de notre mobilité : inégalités d’accès à la mobilité, accidentalité routière, inactivité physique, consommations d’espace ou de ressources.
👉 Pour répondre à de tels enjeux, il faut avant tout planifier et développer des mobilités plus sobres.

Au-delà de l’électrification, il aurait été utile de rappeler qu’il faut aussi
👉 Limiter la taille et le poids des véhicules
👉 Développer fortement le vélo
👉 Arrêter les projets de nouvelles autoroutes et agrandissements d’aéroports
👉 Réorienter l’aménagement du territoire pour favoriser des modes de vie plus en proximité
👉 Réduire le trafic aérien
👉 Limiter les vitesses sur les routes
👉 Développer les trains de nuit, les cars, le covoiturage ou encore l’autopartage…

Ces autres leviers sont indispensables pour atteindre les objectifs d’ici 2030, ce que documente largement le travail du secrétariat général à la planification écologique (SGPE).
Mais ces éléments n’ont pas fait partie du discours du Président et manquent d’un portage politique à la hauteur des enjeux, en termes de vision et de politiques publiques.

Alors qu’il faudrait embarquer toute la société dans des transformations profondes et urgentes, la transition est encore pensée et planifiée comme un sujet annexe fait de petits ajustements et d’un simple changement des technologies utilisées.

🔍 Retrouver la tribune que m'a proposée Libération en version complète ici ⬇️ (au passage, le titre ne vient pas de moi, ce qui est courant pour les tribunes…)