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La vitesse moyenne des mobilités a été multipliée par 10-12 en France en 2 siècles (voir cet article pour + de détails).
L'accélération a été forte surtout après 1950... et s'est arrêtée au début des années 2000 !

Et si le tournant du millénaire avait marqué le passage de l'accélération au ralentissement !? 🤔

3 déterminants de l'évolution de la vitesse moyenne sur 1960-2017 sont séparés pour regarder cette hausse puis ce plafonnement du début des années 2000...

1️⃣ Le report modal
Il est compté ici comme le report d'une part de nos temps de transport (env. 1 h/jour) vers d'autres modes + ou - rapides.
👉 C'est le principal déterminant de l'accélération passée, essentiellement par la hausse de la voiture au détriment de la marche jusqu'au début des années 90 ; et surtout par la croissance de l'aérien et un peu aussi du train depuis
👉 On a donc tendance à se tourner de + en + vers des modes de transport rapides

2️⃣ Le report d'infrastructures
Il vise à prendre en compte l'effet de la diffusion des d'infrastructures rapides sur la vitesse moyenne, en particulier via le développement des autoroutes et des lignes à grande vitesse
👉 Les trafics sur ces infrastructures rapides ont suivi de manière à peu près proportionnelle les linéaires de km construits
👉 L'impact sur la vitesse moyenne est particulièrement marqué pour les autoroutes, pour lesquelles le trafic s'est additionné aux trafics en urbain et rural, tandis que le TGV s'est principalement substitué aux Intercités (en temps de transport) !

3️⃣ La vitesse par mode (et par infrastructure)
👉 Sur la période, l'évolution de la vitesse par mode est faible pour la marche, le vélo, l'aérien et même pour le ferroviaire par infrastructure.
👉 En revanche, les évolutions sont + fortes et + impactantes sur le routier. Il y a en particulier une baisse de 7 km/h des vitesses pratiquées sur les routes à 130, 110 et 90 km/h entre 2002 et 2005, à relier à la mise en place des radars à partir de 2003 !
👉 Même en tenant compte des temps de trafics non fluides, l’impact à la baisse sur la vitesse moyenne des mobilités est fort, faisant plus que compenser sur la décennie 2000-2010 les effets du report modal et du report d’infrastructures (qui jouent à la hausse sur la vitesse sur toute la période)

Ainsi la vitesse moyenne de la voiture et plus globalement de la mobilité ont baissé sur la décennie 2000-2010 !
👉 Cela a aussi entraîné les distances à la baisse (et les émissions de CO2) sur la période
👉 La baisse est + marquée sur les seuls trajets intérieurs qu'avec l’aérien international
👉 Reste à voir si cette baisse est durable, le lien avec les émissions de CO2... j'y reviendrai dans les prochaines semaines !