
L’accélération des mobilités a permis une multiplication par 10 à 12 des kilomètres parcourus en France en 2 siècles.
Cette accélération a subi un coup de frein (!) au début des années 2000, en particulier pour les déplacements intérieurs (hors aérien international) et du quotidien.
Et à l'avenir !?
Mon hypothèse est que la vitesse moyenne des mobilités va possiblement baisser dans les décennies à venir en France, d’autant plus si on est sérieux sur la transition énergétique et l'indispensable sobriété des mobilités !
Pourquoi ?
➡️ Tout d'abord, parce que si l'on souhaitait augmenter la vitesse moyenne, les tendances récentes nous montrent qu'il y a peu de marges, et essentiellement
👉 La croissance de l'aérien ✈️
👉 La hausse des trafics sur autoroutes 🚗
Sauf que ce n'est pas ce qu'on peut espérer de mieux en termes de transition énergétique...
➡️ Ensuite, parce que de nombreuses tendances liées à la transition énergétique vont plutôt dans le sens d'un ralentissement.
Reprenons les 3 déterminants de l'évolution de la vitesse (cf précédent article sur ce sujet)
1️⃣ Côté report modal
Pour la courte distance, le report de la voiture vers les modes actifs 🚲🚶 a un effet de ralentissement.
Il en est de même pour la réduction de l'aérien pour la longue distance.
2️⃣ Côté infrastructures rapides
Il faudrait stopper les nouvelles autoroutes et infrastructures visant à accélérer le trafic automobile.
3️⃣ Vitesse par infrastructure
Enfin, le mouvement de fond de baisse des vitesses sur routes devrait être "accéléré"
👉 110 km/h sur autoroutes
👉 80 km/h hors agglo, voire moins quand pas il n'y a pas d'infras. cyclables sécurisées
👉 30 km/h en zones urbaines à généraliser, pour sécuriser 🚶 & 🚲
➡️ Enfin, par les interactions avec le levier de modération de la demande, car ralentissement et réduction des distances vont ensemble
👉 Quand la vitesse diminue, cela encourager à aller moins loin
👉 Et quand les distances baissent, les déplacements sont plus lents, d'où la relation en image ci-dessous entre distance et vitesse ⬇️
La modération des distances est aussi la condition d'acceptabilité du ralentissement, pour éviter qu'il ne fasse augmenter les temps de transport... D'où l'importance
👉 D'un aménagement du territoire (politiques du logement, emplois, commerces, etc.) qui favorise des modes de vie en proximité
👉 De développer aussi un tourisme plus local/régional/national qui réponde aussi aux envies d'évasion / de vacances...
➡️ Bon nombre de scénarios de prospectives ont/avaient tendance à considérer que le PIB va augmenter et les distances aussi…
Mais ce n'est déjà plus le cas depuis 20 ans, notamment pour la mobilité du quotidien.
Dans ce contexte, les politiques de transport qui visent la hausse des vitesses ou des distances sont coûteuses et vont souvent à l'encontre
👉 De ce qu’il se passe depuis 20 ans
👉 De la transition énergétique et/ou de la sécurité routière
👉 De la résilience aux crises énergétiques à venir...
